19 sept
2011
Posté dans: Moi-Même
Par    10 commentaires

Quelque chose que j’ai perdu.

Photo: MaceSpray; Titre: Rain; Site: We Heart It; Lien.

 

Dans ma chambre, qui n’est pas encore ma chambre, trop nouvelle pour être déjà apprivoisée. Le silence règne. Seule la pendule de la cuisine me rappelle à la réalité.

Il pleut dehors, il est encore tôt mais il a fait gris et sombre toute la journée.

Je bois un thé et je me sens comme l’hiver. Ces journées où parfois tout est feutré et en même temps pressé. On se croirait dans un cocon, il fait gris, pluvieux, brumeux, emmitouflés dans nos couches de fringues et pourtant autour de nous des gens courent pour ne pas se faire mouiller ou ne pas être en retard. Un groupe de collègues, amis, lycéens, sortent du bus bondé et rient, les voitures passent sur le boulevard dans un bruit mouillé. Et on a l’impression d’être en dehors de tout ça, dans un monde supperposé et irréel.

Ca me fait comme quand je regarde les fenêtres éclairées sur les immeubles le soir. Comme si j’étais étrangère à une vie paisible et heureuse qui se passe devant moi, sans moi. Je ne sais pas définir comment je me sens.

J’ai le coeur serré mais je ne sais pas si c’est joyeux ou triste. Un mélange de mélancolie et de nostalgie, du temps où, plus jeune j’étais le membre d’une famille avec laquelle je vivais. Pas l’unique membre solitaire d’une famille à construire, qui n’existe pas encore, dans un avenir difficile à définir, plein de paramêtres totalement impossibles à maîtriser.

La pluie ça me rappelle une fois, dans la voiture, il fait nuit, on va chercher maman qui sort du travail et je regarde les feux de signalisation à travers la vitre pleine de goutes d’eau. Juste une image.

Ca me rappelle aussi cette fois où, à l’école, on était allés à la bibliothèque et qu’on avait fini trempés juste le temps de traverser la cour. J’avais sèché mon caleçon devant la cheminée en rentrant.

Des instants banals. Mais ce qu’ils m’évoquent et que j’ai tant de mal à nommer, c’est sûrement quelque chose que j’ai perdu. Et que j’aimerais retrouver.

 

Photo: Abbie Alquera; Titre: [inconnu]; Site: We Heart It; Lien.

10 commentaires

  • Quel joli texte. J’ai aussi ce sentiment quelques fois, et tu l’as décrit de manière très juste et très fine.

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    MissMaylis Reply:

    Et pourtant l’envie d’écrire a été très impulsive, c’est un texte plus que spontané et sans retravail. On peut dire que j’avais besoin de l’écrire et de le mettre sur mon blog ^^

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  • Voilà un bien joli texte qui mérite sa Une sur Hellocoton ;-)

    Ce sentiment que tu décris… Oui, je vois très bien.

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    MissMaylis Reply:

    Oh merci Pauline :)

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  • Exactement. Ce quelque-chose qui nous manque et qui nous vide, sans qu’on arrive vraiment à savoir quoi, ni pourquoi.

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  • vraiment, c’est bien décrit, le passage à la vie adulte, seule, ça a ses bons coté mais aussi ces moments de nostalagie, on réaprend à vivre d’une autre façon, et dans les jours plus gris, on a l’impression que le temps s’arrête…

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  • La photo, plus que le texte, a retenu mon attention.
    Comme un dessin d’enfant qui aurait été mouillé… Un verre renversé. La sensation que tout est perdu. Mais les couleurs dont bien là !
    Je me révois aussi des années plus tôt, l’odeur de gouache , l’envie d’etre grande…

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  • joli

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  • « Un mélange de mélancolie et de nostalgie, du temps où, plus jeune j’étais le membre d’une famille avec laquelle je vivais. Pas l’unique membre solitaire d’une famille à construire, qui n’existe pas encore, dans un avenir difficile à définir, plein de paramêtres totalement impossibles à maîtriser. »

    Salut, ça c’est ma vie. Très chouette ce texte.

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    MissMaylis Reply:

    Merci :)

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